Gy-Les-Nonains

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A la découverte de nos églises dans la vallée de l’Ouanne

L’église de Gy-les-Nonains

par Reine Deshayes
Cet article est extrait du Bulletin d’informations paroissiales du groupement de la vallée de l’Ouanne, avril 2004

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Voici le printemps et, avec les beaux jours, le moment de découvrir l’église de GY, lors d’une promenade bucolique, au long de la riante vallée de l’Ouanne.

Remontons dans le temps.

Le nom de GY vient manifestement d’une origine gallo-romaine, probablement du « Domaine de GAUDIUS ». Au 10e siècle, l’on trouve GIACO ou GAIACO, d’où la forme française de GY. En 841, l’Empereur LOTHAIRE petit-fils de CHARLEMAGNE, écrit GALCIACO.

Son second nom « Les Nonains » vient du Monastère établi à GY, dès le VIIe siècle, sous le vocable de Saint Fiacre, puis donné à Rothilde, fille de CHARLEMAGNE par un don de son frère Louis le Débonnaire en 816, confirmé par la Charte de l’Empereur LOTHAIRE vers 841.

Mais revenons à notre église.

Dès l’an 700 environ, la paroisse St Sulpice est mentionnée avec une église.

L’église se trouve au bord et au pied d’un bras d’eau servant de bief au moulin d’à côté. Construite dans les prés, elle souffre d’une humidité permanente et d’un enfoncement séculaire très accentué. Peut-être notre première église eut-elle à souffrir des malheurs et de l’usure des temps ! La réforme grégorienne, impliquant une rigoureuse clôture des couvents, la population n’ayant plus accès à la Chapelle du monastère (La Gloire Dieu), il fallut restaurer l’édifice ancien, ce vers 1137 environ.

L’église est pratiquement achevée en principal du temps du Prieur de MONTIGNY, GAUTIER (prieuré sur CHÂTEAU-RENARD) Mention en est faite dans le cartulaire de MOLESMES en 1168.

La construction s’est étendue sur la fin du 12e siècle, début 13e siècle. Quatre piliers d’angle de l’actuelle église paroissiale sont de style rhénan, style unique en notre région, attribué à une abbesse de FAREMOUTIERS dont dépendait le couvent de GY.

Ce qui frappe en arrivant à l’église, toujours consacrée à Saint Sulpice de Bourges et à Saint Laurent, c’est le style ogival flamboyant extérieur et la solidité romane. Tour et base de l’église sont de la fin du XIe siècle (tour massive se voyant de loin) ; la porte principale est du roman ancien, ainsi que les bases des piliers ; un énorme pilier à 8 faces principales à l’intérieur de l’église supporte le poids de la belle tour romane.

Comme toutes nos églises, l’édifice actuel appartient à différents époques.

Le chœur de style rhénan également est éclairé par deux ouvertures absidiales en plein cintre pratiquées dans la corniche (oeuvre du 13e siècle débutant).

Puis fut édifié le bas-côté consacré à Saint Laurent (vers 1300).

Restauration de l’église vers 1500 (style flamboyant).

Dans l’église, remarquons les sépultures surtout de COURTENAY, de CHANGY (17e), des stalles provenant du monastère de GY (supprimé en 1752, sur décision de l’Archevêque de SENS, réunion de l’Abbaye de GY à l’Abbaye de FAREMOUTIERS, avec fermeture définitive et vente du monastère par les religieuses).

L’église a des fonts baptismaux, qui au 19e siècle ont été inscrits dans l’inventaire des Monuments Historiques.

Le clocher de Gy Les Nonains renferme une cloche datée de 1771, qui après avoir subi les outrages des ans, fut restaurée avec l’église (décision du Conseil Municipal du 20 mars 1992) et a retrouvé son clocher et sa splendeur en 1995.

Des vitraux historiés racontent en cinq étapes les origines du monastère et l’histoire du village.

Les vitraux de Gy ont tous été commandés à l’Atelier LORIN de Chartres (après 1877). Citons:

– Le vitrail de Saint Benoît (mur sud à gauche de l’entrée)

– Le vitrail de Saint Sulpice (legs de Mme de TRIQUETI, 5 juin 1883)

– Triptique (Aldric – Dupanloup – Louis le Débonnaire)

–         vitrail Louis le Débonnaire -15 août 1877 – Lorin

–         vitrail de Saint Aldric – 4 août 1878 Lorin Chartres

–         vitrail de Dupanloup -1894 Lorin

La paroisse de Gy est donc célèbre par son monastère, son curé guérisseur, l’Abbé COTTANCE, et le Baron Eugène de Triqueti, du Château du Perthuis de Conflans sur Loing, qui offrit à Monseigneur DUPANLOUP, Evêque d’Orléans, la maison de Gy (actuelle Mairie) pour la congrégation des sœurs gardes-malades et enseignantes de Sainte Marie d’Angers.

Venez découvrir Gy les Nonains, son passé et sa magnifique église au bord de l’eau.

GY – LES – NONAINS

par Gilbert Baumgartner

Le village de Gy les Nonains ressemble à un livre d’histoire qui raconterait plus de dix siècles de rapports tumultueux entre le spirituel et le temporel, entre les nonnes et les paysans, et plus récemment entre l’Eglise et l’Etat. Beaucoup de traces de cette confrontation subsistent – et beaucoup restent à découvrir

Le nom

Gy – Les – Nonains allie le matériel et le spirituel jusque dans son nom. « Gy » est l’ultime trace de « Caius », le nom du Romain (surnommé « le joyeux ») qui s’est installé sur cette terre. « Les Nonains », ce sont les nonnes qui firent la gloire du monastère bénédictin fondé vers 816 par une fille de charlemagne, monastère qui fut fermé en 1752.

La Place de l’Eglise

L’Eglise est séparée du bourg par la « fausse rivière » (un bras canalisé de l’Ouanne) qui alimentait le moulin du bourg (sans doute le moulin monastère). Cette dérivation est visible déjà sur le plan de 1610.

Le lavoir communal a été construit ostensiblement par la mairie républicaine au début du XXème siècle pour masque l’Eglise.

L’Eglise Saint-Sulpice

Extérieur

Sa situation aujourd’hui excentrée semble prouver que le village s’est déplacé vers le sud au cours  des siècles.

La tour a probablement été achevée au XIIème siècle, le reste date de l’agrandissement au XVème. Remarquer la porte romane à l’ouest, et le chevet gothique flamboyant à l’est.

Quelques pierres font penser à des pierres de réemploi, peut-être d’anciens sarcophages.

Intérieur

Une nef et un bas-côté, pas de transept. Le vaisseau caréné est masqué par des voûtes néogothiques datant de 1870. Les stalles sont du XVIIème siècle.

Les vitraux , réalisés entre 1877 et 1893, racontent l’histoire du monastère. Dans l’ordre chronologique:  Saint Benoît (patron du monastère) – Saint Sulpice (patron de l’église) – Louis le Débonnaire (donataire de Gy à l’abbesse Rothilde) – Saint Aldric (abbé de Ferrières,  qui installe les religieuses vers 830) – Monseigneur Dupanloup (qui visite les soeurs en mai 1863). Les choix des motifs et les donataires des vitraux sont liés aux idées du XIXème sicle.

Les blasons  à la voûte de la nef (1870) représentent les familles bienfaitrices de la paroisse: l’amiral Charles Rigaut de Genouilly – le baron Eugène de Triqueti et son épouse Emma Margaron – le comte de Bressieux et son épouse Larderet de Fontanes. Le blason à la voûte du collatéral présente les trois besants de la famille royale de Courtenay, dont plusieurs membres sont ensevelis dans l’église (quelques dalles funéraires sont encore visibles).

La stèle en hommage au curé Emile Cottance (1854-1933) rapelle le souvenir du curé-guérisseur réputé, poursuivi et condamné plusieurs fois pour « exercice illégal de la médecine », grand défenseur de l’école des soeurs face à la municipalité anticléricale.

les moulins

En longeant l’ancien presbytère, on aboutit à l’emplacement du moulin du bourg.Usine aujourd’hui abandonnée, elle a été fabrique de meubles (Ozon-Malet, avec la première turbine électrique), etprécédemment moulin à grain (propriétaire M.Lours, minotier de St-Germain-des-Prés).

Un autre moulin important était celui du domaine de Vaux (il a d’abord servi de forge, puis, au XIXème siècle, il actionnait la batteuse de la ferme par un ingénieux système de poulies). Gy possédait aussi un moulin à tan (à la hauteur du Pont-Guinant). Des ruines d’un moulin à foulon (XVIème siècle) étaient encore visibles derrière l’église avant la Révolution.