Saint Germain des Prés

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L’histoire de Saint-Germain

C’est le moment où l’on commence vraiment à avoir des renseignements très précis. On sait qu’à ce moment là le moulin de Saint Germain marche et on a même un ou deux noms de meuniers. De même celui de Pont Guinand fonctionne ainsi que celui de Pouligny, depuis 1300.

Le moulin de Pouligny était un moulin à forge essentiellement, et la gangue de la forge était rejetée sur la rive gauche du bras droit de l’Ouanne dans le près. On avait pareillement le moulin de Varennes, aujourd’hui Moulin-Plateau. Par conséquent, tous ces moulins ont au moins six siècles et peut-être davantage. Nous arrivons ainsi en 1510, qui est pour Paul Gache une date, car à ce moment là il commence à avoir beaucoup de noms d’habitants de Saint Germain ; il peut en citer les quatre cinquiémes. En effet, il possède le « terrier » de cette époque, d’une des deux chêtellenies de Châteaurenard, qui divisaient en deux le canton, prenant des morceaux dans toutes les communes. Par conséquent, il possède un certain nombre de renseignements sur différentes maisons et sur différentes personnes. Un « terrier » c’est comme une demi-cadastre, avec des morceaux ici et là. Cela nous donne une physionomie du Saint-Germain de cette époque en montant (celle de M. André CONNET) existait déjà, elle s’appelait, comme maintenant la « Grande cour ». Au chevet de l’église vous aviez l’une des plus vieilles maisons, qui est maintenant le bureau de tabac. Derrière, un immense champ rectangulaire allait jusqu’à Saint-Thibault (le chemin bas et le chemin moyen étaient alors parallèles); cet ensemble s’appelait ‘les champs de la Fontaines’. Ces champs étaient divisés en d’innombrables jardins.

Vers le bas, face au moulin, étaient érigés un ancien presbytère qui se situait à peu près là où passe le chemin de fer. Il y en aura un troisième, celui connu actuellement (l’ancienne maison M. BORNET).

Le village comptait deux « hostelleries ». Une pratiquement à l’emplacement de la boulangerie et dont on n’a pas le nom. Nous connaissons cependant le nom des habitants : des « Rués ». Un autre hôtel qui s’appelait à l’époque le « Cheval Blanc » était à l’époque la première maison que l’on rencontrait en venant le Montargis, à l’angle formé par le virage (actuellement l’épicerie).

Il existait, un peu en arrière du « Cheval Blanc », un ensemble qui s’appelait « la Brûlerie » par conséquent on y faisait de l’eau de vie. Une brûlerie, c’était l’équivalent d’un lieu où il y avait des pressoirs. Effectivement, dans tous les index concernant les différents hameaux, nous retrouvons la présence des pressoirs.

Certains hameaux avaient une vie autonome, comme « Beaune » par exemple. Beaune, qui est actuellement un hameau relativement petit, comptait alors une dizaine de familles et avait un jour de fête annuel, et même, à un moment donné, son cimetière. Il y avait un arbre où elles se réunissaient chaque année. Cette histoire d’arbre par hameau peut remonter avant l’an 1000, mais cela existait encore en 1510. Donc à partir de 1510, la disposition des moulins, des hameaux actuels est parfaitement connue, mais les noms ont souvent changé pour différentes raisons.

De nouveaux châteaux sont construits après la guerre de Cent ans pour remplacer ceux qui ont été détruits. Si Courbevaux a été réparé, un autre château a remplacé celui de Rochefort, à la Chaponnière. Le château de la Chaponnière n’exisitait pas avant la guerre de Cent ans. Il n’a jamais dû être très brillant, mais c’était un château, cela se voit à disposition de ses douves. C’était surtout une sorte de grosse ferme qui, ensuite, a été associée à courbevaux. A la suite de l’incursion des Anglais, les seigneurs de Saint-Germain, de Rochefort, qui s’appelaient X,Y,Z de Montentheaume ont totalement abandonné Saint-Germain pour se fixer à la motte de Saint-Firmin. On ne les reverra plus à Saint-Germain des Prés. Ce sont des seigneurs de passage, par alliance, par achat , qui occuperont les différents châteaux de Saint-Germain.

Aux XVIéme siècle, vousavez, chose étonnante à Saint-Germain, des activités auxquelles on ne pense pas, surtout maintenant. il y avait notamment, régulièrement plusieurs charges de notaires (deux études à la fois, parfois trois). Paul Gache posséde une liste de trente notaires de Saint-Germain, cela du XVIéme siècle jusqu’à un peu avant la Révolution.

Premier à-coup : Parmi les grands événements que l’on pourrait évoquer, figure les gueres de Religion. Il y a eu deux accidents principaux. Au tout début, en 1562, est passée une troupe d’une soixxantaine de « protestants » qui venaient de l’Est. Ils avaient peur ; ils étaient en garnison à Troyes et filaient à toute vitesse en direction d’Orléans qui à ce moment là était la capitale des Protestants. Cette soixantaine de cavaliers déserteurs a de nouveau incendié l’église.

Deuxiéme à-coup : Quatorze ans plus tard, en 1576, une grosse armée d’Allemands, également Protestants, passe à Saint-Germain ; forte de 14000 hommes, elle fait un circuit assez curieux. Ils venaient de la puisaye et sont passés par Chatillon, comme c’est arrivé très souvent pendant les guerres de Religion. C’est la seule armée qui a vraiment campé ici. Elle endommagea le monastére de GY ; ceci marqua le début de son déclin. A Saint-Germain, elle abîma des lieux divers

 L’Eglise de Saint Germain des Prés

Cet article est extrait du bulletin d’information paroissiales du groupement de la Vallée de l’Ouanne, avril 2003 par Reine Deshayes

L’origine du nom de cette paroisse est due au passage de Saint Germain, Evêque d’Auxerre de 418 à 448, qui se rendant d’Auxerre par la Vallée de l’Ouanne à sa villa de Corbeilles en Gâtinais, à la rencontre d’un roi barbare (un chef des Alains) prêcha devant le peuple sur le côteau de MONTENTHEAUME, dominant le bourg actuel, ce vers 445 de notre ère. (Germanos a laissé son nom ainsi et aux habitants: Germanopratins).

Voyons maintenant les débuts de l’église. Saint Germain des Prés fut érigé en paroisse par Saint Loup, Evêque de SENS de 611 à 623. Elle garda comme patron secondaire Saint Loup de Sens.

De l’édifice initial, il ne reste rien, sans doute en bois, sans date précise, mais les édifices suivant sont sûrement à l’emplacement de la première Chapelle. Eglise modeste elle devait approximativement correspondre au choeur de la nef de droite le plus à l’Est (mur sud).

Refaite, modifiée plusieurs fois, au début du XIIème Siècle, vers 1120, elle est prise en charge (comme plusieurs autres) par les moines de MOLESMES (ordre bénédictin fondé par Robert de Molesmes) qui avaient été envoyés en Gâtinais, et nombreux assuraient la desserte de plusieurs paroisses et de leur Prieuré de Montigny (de nos jours St Sébastien à Château-Renard).

Ce son ces moines qui font édifier une construction « en dur » avec clocher, et une seule nef. le cimetière  était à l’emplacement d la place actuelle et de l’Eglise que l’on voit de nos jours.

A suivre.

Courant XIIIème siècle, la population s’accroissant, les moines allongèrent l’église jusqu’à la grandeur de la nef de droite (vers le nord) avec l’aide financière du Sénéchal de Château-Renard. La porte principale devint celle de gauche (arc de la porte ancien) alors que les fidèles entraient auparavant par la petite porte sud (actuellement bouchée).

L’église en dur terminée, les religieux de Montigny n’en conservèrent pas longtemps la desserte. L’archevêque de Sens confia alors l’église au clergé séculier vers 1235 avec le premier curé connu GAUFRED encore en poste en 1264.

Il nous semblerait qu’aucune modification ne fût apportée à cette église jusqu’à la guerre de cent ans. Les familles ayant leurs parents et ancêtres sous la seconde nef, le curé leur accorda d’enterrer leurs morts dans l’édifice.

Fin 1358, robin CANOLLE incendie de l’église en venant de Châtillon sur Loing* vers Chantecoq (la population s’était réfugiée au château haut de Château-Renard)

-1ére destruction.

On ignore l’étendue des dégâts, mais le clocher en flamme a dû s’abattre sur la route !

Vers 1380, reconstruction avec des petits moyens, un curé est mentionné de 1385 à 1417.

Nouvelle invasion anglaise de 1421 à 1436, la paroisse est vidée du gros de sa population, sans clergé, inculte. La nature dégrade le bâtiment vacant jusqu’en 1446.

En 1464 les proviseurs de la fabrique sont menacés d’excommunication avec les paroissiens s’ils ne collectent pas une « taille »** pour la reconstruction de l’église… 1ére restauration de L’église. Les travaux débutés en 1464 devaient durer plus de 20 ans. La communauté ne disposait que de tous petits moyens, une taille complémentaire fût nécessaire. Ne fût concerné que l’édifice existant en 1464, (moitié droite de l’église actuelle – entreprise paroissiale uniquement) ayant bien conforté et corrigé les défauts de la reconstruction d’un siècle plus tôt.

Vers 1490, l’église est convenable en tant que telle (doyen de Ferrière 1490)

Désormais plus de paroissiens, installation de bancs (au moyens âge pas de siège durant la messe et les offices) apparition de l’imprimerie (livres : suivi de la messe). Débute alors la pratique d’avoir un curé commanditaire et un desservant avec des revenus.

Un curé, Thomas VIATELLET, familier de l’archevêque Tristan de Salazar (sens) entreprend alors une nouvelle et importante campagne de travaux (appui de Tristan de Salazar, moyens financiers, percement des grandes baies, construction de la deuxième nef). Cette église due à Thomas VIATTELET était aérée, ajourée, faisant de celle-ci un édifice de style gothique flamboyant (15ème siècle) dû aux architectes et ouvriers, artistes de Salazar (pas de couverture symétrique à celle de la nef ancienne pour ne pas augmenter la charge des murs, « du génie »

Passons à l’extérieur de l’édifice. Vaisseau clair, rectangulaire, ligne aérienne de ses 4 arcades, piliers à 8 pans, fenêtres à meneaux, pinacles encadrant le portail de la nef ajouté (une merveille des artistes de l’archevêque de Sens) voir les portails de Saint Firmin des Bois, la chapelle sur Aveyron, Ferrières (celui ouvrant sur le vide) tous dus aux même artistes. La nouvelle nef a un autel principal celui de saint Loup de Sens, dans le chœur un autel St Thibault et dans la nef ancienne un autel saint Hubert.

Deuxième destruction : Pendant les guerres de religion en 1562, 60 à 80 cavaliers protestants se dirigeant vers Montargis, pour renforcer la garnison huguenote de Renée de France au château, s’étant arrêtés à St Germain des Près, mettent le feu à l’église (entassement des bancs, bûcher assez haut pour que le feu se communique aux boiseries, au clocher, à la charpente et la toiture, entraînant piliers et murs) Un ouragan de destruction.

Nouveau passage de soldats allemands 1567-1568, puis passage armé lors de la 5ème guerre (1576). Une armée de 14 000 calvinistes de l’Electeur Palatin au secours de Coligny a franchi l’Ouanne, détruisant tout sur son passage (église et château, maisons etc …)

Depuis l’inauguration de l’église en 1519, celle-ci, 57 ans a Près est à reconstruire

Seconde restauration de l’édifice culturel.

Il semblerait que la nef de gauche ait moins souffert que celle de droite. 1580-1590, seule cette partie sert au culte. La reconstruction sera hélas longue, espacée avec de faibles moyens.

1590-1600 : guerre de la Ligue, les travaux se poursuivent selon les moyens. L’autel Notre Dame (ancien Saint Loup) S’orne de la statue dite « belle dame de St Germain ».

1594, la nef de droite est restaurée (autel St Germain rétabli). Janvier 1610, les travaux de l’église sont réceptionnés (les plus urgents). En 1628, la châtellenie de Château-Renard impose à St Germain d’avoir une armoiries (pierres qu’on trouvera côté sud de l’église lors des travaux de 1857-1864).

Vers 1660, une équipe de maçons de la Marche bouchent les grandes baies du côté droit de l’église, en raison du poids du clocher. En se qui concerne les cloches, deux petites cloches furent placées en 1742, l’une sous l’invocation de Saint Abdon, l’autre dont le nom nous est inconnu ;  mais très vite, il est envisagé de réintroduire une grosse cloche d’où modification du clocher. En 1757, la nouvelle grosse cloche est placée sous le nom de saint Pierre et saint Charles.

Pour la salubrité de l’église après Juillet 1772, les inhumations sont désormais interdites dans celle-ci.

L’église et la révolution de 1789 :

Devenu bien national, l’intérieur est peint en rouge, l’église sert de maison commune (temple de la raison sous la terreur).

En 1795, un prêtre Jean-François RAGONNET se propose de créer le ministère d’un culte catholique avec soumission aux lois de la république. Réutilisation conjointe, église/mairie, non sans trouble et heurt entre les deux parties. Vacances ensuite (réaction des Jacobins). Le culte est à nouveau pratiqué dans l’église vers 1802, après le Concordat.

Nouveau coup du sort pour l’église avec le passage des cosaques qui transforment celle-ci en écurie. De grands travaux sont entrepris sous le ministère du curé François Casimir ROUETTE. D’un plan de 3 nefs, le programme se limita à divers travaux de démolition, à la réfection de 5 verrières et de réparations indispensables.

Voici l’histoire de cette belle église de St Germain telle que vous la voyez aujourd’hui.

Fin 20ème un nouveau programme de restauration a été entrepris par la municipalité actuelle. L’église a retrouvé toute sa splendeur et un nouveau coq tourne fièrement au gré du vent depuis. Fidèles, chrétiens ou non, ne manquez pas la visite de l’église de St Germain des Près et pensez à toutes ces générations qui ont fait et œuvré pour conserver ce patrimoine et cet âme.

Reine DESHAYES

Bibliographie : Sources : l’église de Saint Germain des Près par Mr Paul GACHE.

Nota : *Chatillon/Loing devenu Chatillon-Coligny pour éviter la confusion avec Châtillon/Loire

               ** taille : impôt directement levé sur les roturiers, en France, sous l’ancien régime.

Appendice : Un fait sous les guerres de religion.

Un parent du seigneur du Javot se marie le 15 mai 1572, mais ne parviens pas à faire établir le contrat de mariage. Celui-ci sera établie le 14 mais 1578, parce que, précise le notaire local, à cause des guerres le dit contrat n’avait pu passer devant le notaire et avait été ainsi différé. (Mariage entre Mathurin de Mousselard et Georgette de Boileau du château de la forêt à Montcresson)

 

La Chapelle de Saint Thibault de Saint-Germain-des-Prés (Loiret)

 

Posons-nous la question, pourquoi Saint Thibault ?

Il en est fait première mention en 1214 à St Germain des Prés.

Nous savons que des moines venus de l’abbaye bénédictine de Molesmes, située entre Tonnerre et Châtillon/Seine en Côte d’or, (1) s’étaient installés dans un lieu actuellement appelé St Sébastien (autrefois Montigny) à Château-Renard, se sont particulièrement intéressés à la population rurale de St Firmin, Gy et St Germain.

C’est de leur temps que le culte de saint Thibault à été favorisé. Saint Thibault était originaire de Provins et s’étais fait ermite. C’est par ces moines de Molesmes que le culte de saint Thibault est venu se juxtaposer à celui, qui beaucoup plus ancien de saint Germain.

Maintenant parlons de la chapelle St Thibault à St Germain des Prés. Un petit édifice en propriété privée existe toujours, et rare sont les chapelles de cette époque ayant survécu. La chapelle, était probablement un bâtiment plus important qu’actuellement. C’était un lieu de pèlerinage de bergers, organisé dés le XIIème siècle, la chapelle est mentionnée sans cesse depuis, mais à chaque invasion du territoire, elle fut abîmée ou détruite, et ce plus particulièrement lors des guerres de religion.

Pour la reconstruire, il fut trouvé un « bailleur de fonds », l’Elu de Montargis, cette chapelle était alors un édifice important après sa reconstruction.

Un document mentionne :

–       En 1629, Vourret, un maçon de Montargis chargé de sa reconstruction devra en refaire la charpente, la replâtrer, bâtir les planchers, carreler, faire l’autel, y mettre des corniches en pierre. En sus, il mettra sur l’autel un cadre sur six colonnes, fera son fronton, le tout avec un portail. (nous mesurons l’ampleur des dégâts).

–       Sept années après (les paroisses n’étant pas bien riches), il est fait appel à un maître peintre-vitrier de Montargis. Il promet entre autres choses, d’y peindre trois tableaux, dont «saint Thibault à cheval » du temps où il était noble, avant de devenir religieux, « saint Thibault en ermite, et des paysans » et un ensemble représentant « l’histoire de saint Hubert ». Il est fait allusion à d’autres toiles posées sur les autels, de murailles et de piliers dont deux gros.

C’est donc une reconstruction complète, beaucoup plus importante que l’actuel édifice, supposons-nous …

Cette chapelle est placée devant une source « miraculeuse », recherchée pour guérir les animaux. On y a trempé des moutons pendant des siècles et ceci jusque vers 1885. (2)

Voici sommairement, telle que nous la connaissons l’histoire de la chapelle de St Thibault qui eu à subir aussi les destructions anticléricales sous la Révolution de 1789.

 

R. Deshayes

 

Bibliographie :

–       Saint-Germain-des-Prés et ses origines, par MM. Daniel Witczak et Alain Pardé. (1981)

Note :

(1)            L’abbaye de Molesmes (actuellement propriété privée) entretenue et restaurée par ses propriétaires. C’est de cette abbaye importante que Robert de Molesmes, parti avec quelques compagnons fondés l’abbaye de Cîteaux dans un lieu marécageux (les roseaux appelés cistels donnèrent le nom de Cîteaux et les cisterciens).

(2)           Le curé Rouette, curé de 1850 à 1900 (avec quelque autres prêtres, hommes de plume) a écrit un petit texte sur Jeanne d’Arc et une sorte de sociologie des habitants de Saint-Germain. Il nous dit que, de son temps il a vu disparaître cette coutume vers 1885.

 

La Chapelle de Pouligny de Saint-Germain-des-Prés (Loiret)

 

Outre la chapelle Saint Thibault, Saint-Germain-des-Prés a eu une autre chapelle aujourd’hui disparue, probablement avant la révolution de 1789.

Celle-ci, située à POULIGNY, dont on ne connaît pas l’emplacement exact, probablement à environ trente ou quarante mètre au Nord de Pouligny, ni à quels saints ou saintes elle fut consacrée.

Elle fut construite vers 1500, par un nommé CLAUSSE (a) qui venait de Flandres ou de Hollande où ce nom de famille signifie Nicolas. Venu s’installer à POULIGNY, il avait réorganisé le moulin qui était une forge. Son prénom nous est connu comme VUASTELLET, ce qui est l’équivalent de WATTEAU.

Cette chapelle que les gens de Saint-Germain on baptisé « La Chapelle du Vuastellet », aurait existé dés le début du XVIème siècle et mention en serait faite jusque vers 1720. Ensuite plus rien… Fut-elle détruite ? Ou tombée en ruine, ayant subi les outrages du temps ? On ne le sait !

 

R. Deshayes

 

Bibliographie :

–       Saint-Germain-des-Prés et ses origines, par MM. Daniel Witczak  et Alain Pardé.

–       Notice de M. Paul Gache.

(a)    Curieusement ce patronyme Clausse n’est pas inconnu dans la vallée de l’Ouanne, dans les registres de baptême de Douchy, en 1617, nous trouvons cet acte intéressant.

   Le douze/e jour de septembre de l’an mil six cent dix sept a été baptisé Henry, fils de Claude Salar, éscuyet sieur de Bouron. Le parin qui la nomé, Messire Henry Clausse, esveque d’Aure et coadjeteur  de lesveché de Chalon la marène, dame Jacqueline Dupar, femme de Monsieur le baron de Cotanay

                         Signé :     Henry Clausse                                  J. Dupart,     Davis

Les Clausse d’origine allemande avaient construit le Château de Courances prés de fontainebleau. L’évêque Henry Clausse avait été sacré à Paris le 16 août 1616 comme évêque titulaire (honorifique) d’Aure en Mauritanie, il était coadjuteur de on cousin Côme Clausse de Marchaumont, auquel il succédera le 1er Avril 1624, comme évêque de Châlons-sur-Marne.

En outre, de 1629 à 1624, Henry Clausse aura soin du diocèse de Reims, dont l’archevêque était un adolescent, le jeune prince Henry de Lorraine. Henry Clausse mourut le 13 décembre 1640.

Sa venue à Douchy en 1617, avait permis à de nombreux habitants de Douchy de recevoir la confirmation, cérémonie très rare en nos campagnes. Les archevêques de Sens, dont dépendaient nos églises, en venant à peu près jamais dans nos villages.

Tiré du journal « L’Eclaireur du Gâtinais et du Centre », un peu d’histoire local. Notes historiques sur Douchy. Le 26/06/1971.

 

CORBEVAUX

Courbevaux est un fief médiéval attesté depuis la fin du XIIIème  siècle sous le vocable de Corbeval (= le val courbe). La chapelle et la fontaine de Saint Thibault  font partie du domaine, ainsi que la ferme de la Chaponnière.

Le domaine est détruit pendant la guerre de cent ans par les troupes de Canolle, puis à nouveau pillé pendant les guerres des religions.

Au XVIème siècle, Courbevaux est la propriété de Jean de Boilleau, seigneur de la Forest à Montcresson. Au XVIIIème, c’est la propriété de la marquise d’Argence, qui réside au Buisson à Gy-les-Nonains. Au XIXème, le domaine est acquis par la famille Rouhette de Monforand, enrichie par le commerce du sucre et des esclaves à Cayenne.

En 1844, Antoinette Marie Rouhette de Monforand épouse d’Armand Guy de Sainville. Ils s’installent au château de la Vallée à Saint-Firmin. Ils auront deux enfants dont Emmanuel de Sainville, qui naît le 8 Juillet 1861.

Lorsqu’il naît en 1861, son père à déjà 75 ans (il mourra à 86 ans en 1872). Emmanuel de Sainville fait une licence en droit, mais n’occupera sans doute jamais sa fonction d’avocat à la cour d’appel de Paris. Il vivra surtout de ses rentes, et de quelques activités qui lui  coûteront beaucoup de temps et d’argent. Il habite 12 rue de Berlin à Paris. Il épouse Laurence de Gyemare, qui décède à Paris en 1901. La tombe qu’il fait ériger pour son au cimetière de Saint-Germain est remarquable.

Emmanuel de Sainville est artiste peintre. Dés 1891, il expose au salon de Montargis. Sa signature d’artiste est « Loup de Sainville ». Il aura une élève, Mlle Hélène qui signera « le Goupil ». Les motifs de ses peintures sont soit mythologiques (« centaure enlevant une sirène »), soit naturalistes (scènes paysannes).

Emmanuel de Sainville est bâtisseur : en 1900, sa mère lui « vend » fictivement Courbevaux, le prix de la vente ne devant être acquitté qu’après la mort de celle-ci. Il fait raser l’ancien château vétuste, achète (probablement) des parties de pavillon de la Grande-Bretagne à l’Exposition Universelle de 1900 et les assemble à Courbevaux pour créer le château de style anglais qu’on y voit encore. Une grande salle est consacrée à son atelier de peintre.

Emmanuel de Sainville est aviculteur : il est passionné de paons, en élève beaucoup et les représente partout : sur les moulures de l’escalier d’intérieur, sur une mosaïque, sur la girouette. Simultanément, il relance l’élevage de la poule de race « gâtinaise » et, pour promouvoir l’élevage de « la meilleur race française », il crée en 1909 le « Gâtinais-Club-Français ».

Emmanuel de Sainville est adepte de « sciences parallèles », ce qui lui vaut une réputation sulfureuse dans population rurale. Il adhère à l’Institut  Métapsychique International et se spécialise dans l’étude de la télépathie. Il pratique ainsi de très nombreux exercices de voyance avec Mlle Hélène ou de transmission de pensée, notamment avec Mlle Goujon, la postière de Saint-Germain. Il consigne les résultats de ses expériences dans des articles pour la revue de l’IMI. Au cours d’une conférence en 1927, il affirme : « L’intelligence humaine a des procédés de connaissance autres que les voies sensorielles ordinaires ; et il existe chez certains individus un 6ème sens, le sens cryptesthétique, connaissant des choses, des réalités, et sensible à des vibrations que la conscience normale ne perçoit pas. »

Emmanuel de Sainville lègue son domaine à L’Institut Métapsychique International. Il meurt le 11 mai 1930 à Courbevaux. La vente aux enchères de ses biens, au profit de l’IMI, prouve qu’il était aussi un amateur d’art éclairé.

Gilbert Baumgartner